Noir Coeur de Lumière (2007)

Spectacle mis en scène par Lionel Parlier, joué et chanté par Anne-Laure Vieli, bande-son et bruitages en direct; en prologue, témoignages enregistrés de mal-voyants et aveugles sur le thème de la cécité.

Création au Café-Théâtre Le Bilboquet – Fribourg du 6 au 16 septembre 2007

Reprise au FESTIVAL FRISCENES ANCIENNE GARE à Fribourg, le 20 octobre 2010
Extrait sonore no1
Extrait sonore no2

Nuit noire pour une pièce de théâtre auditive

BILBOQUET- Mise en scène par Lionel Parlier, la comédienne fribourgeoise Anne-Laure Vieli joue «Coeur de Lumière» dans le noir total. La pièce travaille uniquement sur les sons.

Le spectacle aura lieu dans le noir complet. «Vous ne verrez pas même vos mains», avertit le metteur en scène français Lionel Parlier. Il dirige la comédienne fribourgeoise Anne-Laure Vieli, dans: «Noir, cœur de lumière», créé ce soir au Bilboquet, à Fribourg.

La pièce s’appuie sur le principe du labyrinthe où le visiteur est guidé par un aveugle. Ce qu’elle propose d’original, c’est le traitement de la voix: de la comédienne ainsi que les sons qui accompagnent la pièce.

Anne-Laure Vieli a fait un travail d’improvisation vocale avec Anne-Sylvie Casagrande, compositrice du trio NORN. Un ingénieur du son, Frédéric Chappuis, a enregistré et déformé des sons réels pour les rendre abstraits et éviter d’illustrer le texte de manière simpliste. Ces sons seront diffusés par des haut-parleurs répartis dans la salle. En dialogue avec la comédienne, qui se déplacera dans la salle, ils contribueront à créer un espace sonore. Un deuxième comédien, Sébastien Zbinden, fabriquera des sons en direct, en écho au chant d’Anne-Laure Vieli.

Au cœur de cette pièce entièrement auditive: le pouvoir de l’imagination. «On écoute différemment dans la nuit. Le noir est une condition extraordinaire pour se fabriquer des images», explique la comédienne fribourgeoise. Pour Lionel Parlier, «plus que des images, ce sont des sensations qu’on a dans le noir, qui peuvent être fortes et inhabituelles». Ces sensations, le metteur en scène et Anne-Laure Vieli cherchent à les éveiller auprès du public. «ll y a beaucoup d’étourdissement, de bruit, dans la vie. On veut permettre au spectateur de retourner à l’intérieur de lui-même.»

La comédienne a eu l’idée de jouer dans le noir quand elle a entendu «Le grand passage» de l’écrivain américain Cormac McCarthy. «La cécité y est décrite comme un moyen de connaître les clés essentielles de l’existence, elle éclaire les grandes questions qui agitent l’humain», justifie Anne-Laure Vieli. Elle a sélectionné des extraits de ce texte et les a mêlés à des extraits tirés de la pièce «Les enfants de la nuit» de Serge Rezvani. Pour elle, «la cécité rejoint nos soucis humains de solitude. On parle de l’aveugle, mais on est tous pareils. Je ne fais pas une pièce sur le handicap», insiste-t -elle.

Déjà dirigée en 1989 par Lionel Parlier, à l’époque du Théâtre de l’Ecrou, dans «Peinture sur bois» d’Ingmar Bergman, Anne-Laure Vieli a fait une nouvelle fois appel à lui pour «Noir, cœur de lumière». Il s’agit d’une production du Théâtre ON M’LADIT. La régie est assurée par Damien Sauser.